Menú llengües


La ubiqüitat de la imatge

Diàleg


Pàgines


La ceguesa més absoluta

Com el mateix Radu, un dels nostres interlocutors que s’identifica com a Juan ens va enviar un post el 25 de març on esmentava la famosa sentència de Moholy-Nagy de que els analfabets del futur seran aquells que desconeguin la fotografia. Juan citava també la “societat líquida” de Bauman, la “societat del risc” d’Ulrich Beck, la societat del “nou capitalisme” de Richard Sennett, la “societat kleenex” de Lipovetsky, el “món digital” de Negroponte, la “societat-xarxa” de Manuel Castells… Es podria afegir també el “capitalisme de ficció” preconitzat per Vicente Verdú, on les imatges, en tant que generadores de ficció, són els bens més preuats. Sobre aquest esquema jo diria que el primer pas per una didàctica de la fotografia va ser ensenyar a “escriure-la”; el segon pas seria ensenyar a “llegir-la”. Encara no s’ha acabat aquesta fase, és a dir, ens trobem en el futur ple d’illetrats preconitzat per Moholy-Nagy però amb l’agreujant d’una nova circumstància: avui el que dóna sentit a les imatges és la seva proliferació i circulació, o sigui, justament el nou escenari de la comunicació que estem debaten aquí. Ja no n’hi ha prou en saber descodificar les fotografies segons paràmetres històrics, estètics, semiòtics i, fins i tot, ideològics: avui prevalen els usos econòmics i polítics de la imatge.

En el moment de redactar aquestes línies estic travessant el desert de Sonora a Arizona. Per desgràcia no és un viatge de plaer sinó professional, motivat per una sèrie d’activitats a universitats de Phoenix i Tucson, que inclouen trobades amb estudiants dels programes de graduació de fotografia. Per cert que mentre faig la travessa entre les dues ciutats gaudeixo d’uns paisatges de ressonàncies icòniques i em passen pel cap tant els déjà-vus de moltes seqüències de westerns clàssics com molts dels fotògrafs que, com Timothy O’Sullivan, van explorar l’oest nord-americà. Revisc doncs en pròpia pell el fenomen contemporani de la imatge precedint a l’experiència, il·lustrant el que ja hem parlat aquí. Doncs bé, vaig conèixer estudiants espavilats, amb professors competents i instal·lacions envejables, que podien presumir de treballs realitzats amb una impecable factura tècnica i plàstica, alguns fins i tot resultaven conceptualment potents, sovint amb tímides justificacions programàtiques o ètiques; però per regla general eren incapaços d’explicar perquè feien aquelles imatges, quins efectes esperaven provocar, quines estratègies de difusió havien concebut… Senzillament feien imatges i punt. La creativitat i l’esforç intel·lectual es concentraven  en les imatges però en imatges completament aïllades del món i dels seus entrejocs, com si les imatges no haguessin de tenir vida pròpia més enllà de l’escola d’art, o dit d’una manera més dolorosa, com si les imatges estiguessin destinades a ser mers exercicis d’estil. Però estil de què? Doncs de la ceguesa més absoluta. Perquè tal com estem insistint, avui el rerefons important de la creació passa per incidir en els problemes de la circulació, en el trajecte que s’estableix entre autor i públic, en uns contextos, repeteixo, econòmics i polítics on autor i públic queden reduïts a mers comparses. Si els estudiants, o sigui, els futurs professionals de la imatge, negligeixen aquest factor, estem perduts. Compte: sense que això impliqui descartar les accions que calgui establir envers el públic en general.

Em congratulo, però, que desprès dels diagnòstics arribin propostes d’acció com les de Christian. La frase de Moholy-Nagy caldria ampliar-la dient que els analfabets del futur seran aquells que quedin al marge dels ordinadors i d’Internet. Quan parlo del trajecte entre productors i consumidors, ordinadors i Internet constitueixen el rovell de l’ou de qualsevol opció que dins d’un cert marge de llibertat i d’operativitat pretengui conscienciació i reaccions col·lectives. Mes enllà de les actituds i les intencions, ordinadors i Internet conformen les principals eines per respondre a l’establishment polític i mediàtic. Cal fer un esforç, doncs, per aprendre a utilitzar-les amb diligencia.

Syndrome de Sisyphe

Je suis totalement d’accord avec Joan. Y compris sur nos responsabilités, que j’assume absolument, dans notre échec, depuis trente ans, à réussir à imposer une pédagogie de l’image dès les premières années d’école. Je dois ajouter, alors que j’adore enseigner et que mes étudiants - privilégiés - sont passionnants, exceptionnels, dynamiques, que j’ai parfois des doutes : quel est le sens profond d’un enseignement qui forme des photographes au moment où il y a trop de photographes professionnels et où tout le monde produit et fait circuler des images ? Certainement de leur donner accès à des outils de connaissance de l’histoire de l’image et de les aider à comprendre la nécessité de la pensée critique dans le processus d’élaboration de leurs projets. Et ça marche pas si mal, même s’ils sont une toute petite minorité.

Il est évident que, dans une période où les crédits alloués à la culture et à l’éducation sont globalement en régression sensible, au moment où les flux financiers - qui entraînent le flux des images - se concentrent de plus en plus sur la communication, la consommation et le divertissement, la parade n’est pas simple et la guérilla difficile à structurer.

La précédente proposition sur l’espace public pourrait être un élément, mais il doit être complexifié, enrichi d’une action vraiment pédagogique.

Ce n’est pas vraiment de l’entrisme - excuse Radu… - mais je pense que nous devrions tenter d’avancer sur notre capacité à utiliser l’outil, les outils de « l’ennemi ».  Pour avoir essayé durant des années d’imposer aux télévisions des utilisations rédactionnelles de la photographie, pour avoir mis en place des programmes (très minoritaires  -ARTE-) qui traitaient de l’image, je suis bien conscient que, définitivement minoritaires, nous sommes marqués par le syndrome de Sisyphe…

Pourtant, preuve que je reste optimiste, je me demande si nous ne pourrions pas inventer, sur Internet, un site dédié à la pédagogie de l’image, avec des liens pour les sites qui nous paraissent intéressants, qui soit un outil pour les enseignants, un lieu de connaissance -même superficielle - pour les plus jeunes. Je pense qu’on peut l’imaginer comme quelque chose d’à la fois sérieux et ludique. Une façon de considérer la Toile comme un contre-pouvoir…

C’est peut-être parce que la lumière est de retour avec le printemps qui s’annonce.

« The People have the power »  Patti Smith.

Illusions et erreurs

Je n’ai aucun conflit avec les positions de Joan ou de Radu et j’adhère plus avec Joan citant avec Gramsci ce qu’il y a eu de plus intelligent, ouvert et novateur, libre aussi,  dans la pensée du communisme européen. C’est davantage ma façon de penser, même si j’en connais les limites, que la référence à l’entrisme trotskyste, contre lequel je me suis élevé il y a trente ans…  Qui « entre » ne gagne jamais, je le crains.

Je pense simplement que nous avons été à la fois complices et victimes consentantes du système. Nous avons voulu lutter contre des idéologies dominantes qui se manifestaient en images. Nous l’avons fait en créant des images alternatives (Joan), en écrivant et en étant éditeur (moi), en enseignant de façon radicale et en théorisant (Radu). Nous avons été à la fois acteurs, complices, critiques et moteurs de tous ces mouvements qui ont agité une image qui ne savait déjà plus où elle était. Nous avons nos responsabilités, nos irresponsabilités aussi, bien que je ne crois pas que nous soyons les pires… Je revendique encore le droit à nos illusions et erreurs.

Puisque nous sommes d’accord sur la nécessité d’actions qui toucheraient le plus grand nombre, j’espère que sera mise en ligne ma provocation - une petite provocation… - sur la nécessité de prendre en compte l’espace public. De le tordre, le pervertir peut-être.

La nécessité de la pédagogie, sur laquelle nous sommes tous les trois d’accord, me renvoie à une triste expérience. En 1982, quand Jack Lang était Ministre de la Culture en France, nous avons, à une dizaine, fait beaucoup de réunions pour élaborer ce que nous appelions « une politique de l’apprentissage de l’image à l’école ». Il en est résulté des dossiers, des rapports - sans doute enterrés dans des tiroirs et la création éphémère, puisqu’aujourd’hui remise en cause, de filières spécialisées dans les « arts visuels ». Une manière de négation de la nécessité de donner à connaître aux plus jeunes l’histoire des images.

Au-delà de la proposition outrancière de la présence de l’image, sans fonction autre que sa présence, dans l’espace public, je me demande si nous ne devrions pas être capables d’inventer une modalité pédagogique sur Internet.

Faiseurs d’image

La remarque de Joan me semble essentielle. L’effacement de la distinction claire entre producteurs et consommateurs d’images change la donnée. Ce qui caractérise la situation actuelle n’est pas seulement la globalisation, avec la normalisation et l’uniformisation des images mais un nouvel équilibre, pour l’instant, c’est vrai, assez instable. Avec les nouvelles technologies, la baisse de prix des appareils photographiques numériques et la prolifération des téléphones portables, tout le monde peut faire des images. Avec l’apparition des sites comme Flikr, qui s’est enrichi de 3739 images pendant la dernière minute ou YouTube, tout le monde peut diffuser des images à l’échelle planétaire. À l’ubiquité de l’image correspond l’ubiquité des faiseurs d’images. Le système n’a plus le monopole !

Mais, pour l’instant, ce qui règne, c’est la confusion. Déboussolés par une évolution qui a été pour beaucoup trop rapide, bien des professionnels ont des frileux réflexes corporatistes et n’essayent que de cadenasser un marché qu’ils ne contrôlent plus. Déconcertées, certaines écoles qui forment des professionnels de l’image se réfugient parfois dans un technicisme rétrograde. Largué, l’enseignement public n’arrive pas à s’adapter à une civilisation de l’image et reste prisonnier d’un système pratiquement structuré qu’autour de l’écrit. En tant que consommateurs, les élèves se retrouvent sous une déferlante d’images qu’ils prennent très souvent au premier degré faute de pouvoir les décoder et en tant que producteurs ils se retrouvent avec des outils dont ils n’ont dans les meilleurs des cas qu’une maîtrise technique, sans aucune réflexion véritable sur les contenus. Tout le monde semble avoir oublié la fameuse phrase de Moholy-Nagy qui disait que « l’analphabète du futur ne sera pas l’illettré mais l’ignorant en matière de photographie ». Remplaçons le mot « photographie » par celui, plus général, d’image et envoyons le message aux décideurs pédagogiques !

L’enjeu urbain

Tout comme Radu, j’aime beaucoup l’idée du « vaccin » proposée par Joan. Et j’aime aussi beaucoup l’idée du judo intellectuel !

Nous sommes tous les trois d’accord sur l’évidence des enjeux, sur la nécessité des résistances, qui correspondent aux pratiques de nombreux artistes et nous nous interrogeons sur la forme que peut prendre cette résistance. Ce que nous faisons ici en est une. Dans les années soixante dix et quatre vingt, quand la photographie, alors en mal de reconnaissance, a inventé des Rencontres (Arles) et des festivals, elle revendiquait l’accès au Musée. C’est aujourd’hui chose faite, il y a un nombre très important d’expositions dans les institutions et dans les lieux privés du circuit de l’art contemporain. Il y a des centaines de mois, semaines et quinzaines de la photographie en Europe, mais également dans des pays qui apparaissent sur la scène internationale, la Chine et l’Inde entre autres. Même si tout est toujours perfectible, même s’il y a besoin de davantage de moyens, le temps n’est plus, parce que la quantité d’images et leur circulation a considérablement augmenté, celui de la revendication. Si ce n’est celle, déterminante, de la prise en compte des images dans le cadre de la pédagogie.

Je pense que l’un des enjeux majeurs est devenu l’espace urbain, l’espace public. Faire exister les images - et les photographies des créateurs - dans cet espace et sans qu’elles aient de fonction utilitaire comme la publicité et la décoration pourrait certainement constituer une forme intéressante de « vaccin ». Différentes de tout ce que nous voyons dans la ville, dans les media ou sur les multiples écrans qui nous environnent, elles pourraient avoir une fonction d’alerte, jouer un rôle implicitement critique, provoquer des étonnements et des questionnements.  Ce pourrait être en ville mais aussi, pourquoi pas, sur les aires de repos des autoroutes et autres lieux de passage. Et il y a à élaborer toute une stratégie pour donner à voir des images alternatives au plus large public possible.

Question de moyens, me direz-vous. Certes, mais serait intéressant de réfléchir à ce qui pourrait être réalisé dans ce sens avec le budget d’une manifestation photographique qui, souvent, tourne au nombrilisme. Je ne veux pas dire qu’il faut que disparaissent les festivals (encore que certains…) mais ces « événements », bien souvent conçus comme des moyens de promotion des lieux qui les accueillent, ne suffisent plus. Une immense exposition en plein air qui relierait, par exemple, Paris à Tarragone (au hasard…) pourrait donner à voir et à réfléchir.

Per una nova pedagogia

Em balla pel cap una cita de Gramsci citant a Romain Rolland que potser sintetitza el tremp dels darrers comentaris que estem fent: “Pessimisme de la intel·ligència, optimisme de la voluntat”. Podríem doncs deixar aquí aquesta línia discursiva i embarcar-nos cap a altres direccions.

Fixem-nos que termes com “analfabetisme”, “educació”, “formació”, “escolaritat” o “alumnes” han espurnejat les diverses intervencions. Això ens condueix a un tema crucial que és el de l’ensenyament i la sensibilització. Tots tres hem estat involucrats amb força intensitat en tasques docents i divulgatives. Per tant, dos coses. Primer, no n’hi ha prou amb criticar l’estat actual de la cultura de la imatge; també hem de ser autocrítics amb nosaltres mateixos en tant que som, en certa mesura, agents actius d’aquesta cultura i per tant co-responsables de la seva situació. Podem analitzar quina part alíquota de responsabilitat ens pertoca, ben probablement minsa donat l’entramat de poders i circumstàncies, però no em sembla que sigui intel·lectualment acceptable presentar-nos com a mers outsiders, com a observadors externs i allunyats. Segon, donem-li la volta al mateix argument: estem en una posició privilegiada per intervenir en la situació, o al menys en el seu futur, perquè justament una de les nostres funcions és la de contribuir a modelar l’esperit dels fotògrafs i dels públics, és a dir, tant dels productors d’imatges com dels consumidors d’imatges.

Tradicionalment les metodologies didàctiques s’han estructurat de forma diferent segons s’adrecessin a uns o altres. Semblava lògic que així fos perquè no només els dispositius conceptuals d’escriptura o de lectura eren diferents sinó també perquè d’uns s’esperava una actitud activa i dels altres una actitud més aviat passiva. Però això ja no és així i en canvi tinc la sensació que els programes dels centres docents i expositius, de les publicacions especialitzades i de la crítica canònica segueix insistint en la rutina d’aquella dicotomia obsoleta. Avui tots som productors i consumidors a l’hora i la indiferenciació d’aquests rols exigeix una agenda pedagògica radicalment nova.

Un breu article d’Alasdair Foster, director del ACP (Australian Centre for Photography) de Sydney, ho explica d’una manera ben gràfica (http://www.zonezero.com/editorial/editorial.html). Foster compara la reforma que té lloc actualment en el món de la imatge amb la Reforma Protestant que va sacsejar el Cristianisme en el segle XVI. En l’església catòlica el ministeri de la fe està reservat a una oligarquia de “professionals” (els membres del clero, la classe sacerdotal); en canvi Luter i els seus seguidors proposaven “desprofessionalitzar” el ministeri liberalitzant la interpretació de les escriptures sagrades segons la consciència personal. Un pastor protestant pot ser un expert, però el seu coneixement està al servei de la comunitat sense exercir una autoritat sobre ella, de manera que un laic també pot fer un sermó a la seva congregació. En el món de l’art, de la fotografia i de la comunicació visual en general això també està passant. La distància jeràrquica entre els professionals i el públic tendeix a minvar, fins i tot a desaparèixer per complet, de manera que les posicions s’han tornat intercanviables.

La imatge és avui ubiqua perquè tots fem o manegem fotografies, tots generem i rebem informació gràfica, més enllà del sentit que li sapiguem impregnar. Com afrontar, doncs, des d’una pedagogia conseqüent aquesta nova realitat?

Judo intellectuel

« L’entrisme » auquel je faisais allusion a été une stratégie mise en place par Trotski lui-même. D’après certains, il voulait renforcer la gauche. D’autres, parmi lesquels je me trouve, pensent que Lev Davidovitch avait une arrière-pensée et voulait gagner le pouvoir dans les partis socialistes et dans les syndicats réformistes en les noyautant de l’intérieur. En tout cas, « l’entrisme » ne finit pas avec l’épisode Ramón Mercader mais c’était le mot d’ordre dans les organisations trotskystes au début des années soixante-dix.

Malgré la puissance colossale des forces qui contrôlent la diffusion de l’image et malgré l’immense capacité de récupération que possède le système - tiens, qui parle encore de Marcuse aujourd’hui ? - je reste optimiste. Optimiste, parce que le système a des failles et que les artistes ont trouvé des stratégies pour les exploiter. « L’entrisme » en fait partie. Plutôt que l’attaque frontale, noyauter le système, utiliser son pouvoir, ses institutions et ses canaux de distribution pour le contrer, est faire du « judo intellectuel » : employer la propre force de l’adversaire pour mieux le combattre.

Le détournement et l’appropriation, stratégies essentielles de l’art contemporain, commencent à s’infiltrer de plus en plus dans (presque) tous les domaines de la production de l’image. Il est évident que, comme nous le rappelle justement Christian, le phénomène est minoritaire. Mais il a de l’importance, parce qu’il instille le doute. Le doute par rapport à  « l’évidence » qu’une image offre en apparence, le doute par rapport à son prétendue objectivité, ainsi que le doute par rapport à la neutralité du système qui l’instrumentalise. Et, pour que quelqu’un puisse changer d’avis, il faut d’abord le faire douter !

Je crois qu’il y a plus dans ces démarches que seulement « la gloire de la tentative » et je suis assez séduit par la métaphore utilisée par Joan; le vaccin. C’est à nous tous de voir que « la gloire de la tentative » ait plus que le mérite d’avoir au moins essayé et ne reste pas au niveau du baroud d’honneur !

Soyons optimistes !

Joan a raison de dire que mon ton est pessimiste… C’est peut-être la période, qui n’est pas très drôle, tant du point de vue politique que des mouvements globaux, économiques ou esthétiques, du marché dominant, de la médiocrité triomphante, de la consommation remplaçant la connaissance, de la communication se substituant à l’information qui entraînent cela.

Merci de penser que depuis trente ans j’ai effectivement réussi, dans le domaine de l’image, un certain nombre d’actes, d’apparitions, de perturbation de la routine en train de s’installer. Elle est en parallèle, d’une certaine manière, avec ce que Joan a produit en tant qu’artiste. Il y a eu, depuis le début, de la résistance aux normes pour pointer les enjeux des images, de leur appropriation par les regardeurs. Trente ans c’est un peu long et il me devient difficile d’entendre encore des rédacteurs en chef de magazines prestigieux qui, alors qu’ils ne veulent pas payer le prix que coûte la production des images, nous disent « C’est magnifique, mais ce n’est pas pour nos lecteurs ». Ils ajouteraient volontiers : « Nos lecteurs ne comprendraient pas » !

Mais je suis optimiste !  La preuve en est que j’écris chaque semaine une tribune et fais publier certains portfolios dans Internazionale, en Italie. Ou que je « publie », sur Internet (http://www.actuphoto.com/), un invraisemblable dialogue et journal quotidien avec le photographe Chinois Aniu qui m’envoie chaque jour un autoportrait auquel je réagis en texte. Ou que je participe à ce dialogue. Ou que, encore, j’enseigne à des jeunes gens brillants, que je donne des conférences, monte des expositions, organise des livres.

Je suis optimiste parce que je continue à faire des choses, à agiter des idées et des images, à écrire pour tenter de penser ce qui nous arrive alors que nous sommes dans ce maelström de « visuels » qui nous cernent.

Je ne suis pas un créateur d’images, juste un « passeur » entre ceux qui les font et ceux qui les reçoivent. Ma seule vraie raison d’être optimiste est de constater que, aujourd’hui, plein de jeunes gens et filles continuent à avoir le désir de travailler avec la photographie sur l’état du monde dans lequel ils vivent. Non seulement ils me donnent à découvrir, mais ils témoignent d’une volonté de changer le monde, même s’ils sont conscients que la seule photographie ne pourra y parvenir.

Ils sont une proposition pour l’avenir, aussi bien quand ils documentent (allez voir les derniers travaux des trois lauréats du World Press Photo de l’agence VU’ sur  http://www.agencevu.com/, exemplaires ; ainsi que d’autres qui n’ont pas eu de prix, comme Steeve Junker ou Kosuke), que quand des artistes utilisent l’image (comme Joan par exemple) pour prendre position sur les enjeux planétaires. Sur le terrorisme, par exemple. Impertinence et dérision prennent autant de sens qu’exploration journalistique.

Ce sont eux, créateurs aux modalités différentes, qui m’obligent à être optimiste !

Il n’en reste pas moins que leur diffusion est limitée, qu’elle ne peut se confronter aux géants de la transmission. Ce n’est peut-être pas grave.

Restent deux questions essentielles: comment pouvons-nous imposer une formation à la lecture de l’image dès les premières années de la scolarité et que somme-nous capables d’inventer, sur Internet, en résistance à l’imagerie dominante ?

Un guerillero, même s’il se trompe, est forcément optimiste. Et je me sens, plus que jamais, guerillero…

Entrisme et piolet…

Je suis, évidemment, globalement d’accord avec les remarques de Radu. Mais je suis moins optimiste que lui, ce qui ne signifie pas que je me résigne… D’autant plus que j’ai toujours tenté de mener cette « guérilla » contre l’imagerie dominante, les clichés et les stéréotypes.

Le fait que nous ayons publié, dans Libération entre 1981 et 1986, de façon atypique des auteurs aussi différents que Raymond Depardon ou Sophie Calle, que nous ayons mis en crise la modalité du portrait ou l’imagerie de mode, a rencontré une adhésion des lecteurs. Le fait que l’Agence VU, puis la galerie, aient, depuis vingt ans, diffusé, fait publier, exposé et fait circuler des points de vue non conventionnels est une contribution à cette résistance au flux normalisé et dominant. Tout comme la publication, cette semaine, dans l’hebdomadaire italien Internazionale d’un portfolio consacré au travail de l’artiste indienne Dayanita Singh.

Mais je n’ai jamais été convaincu par la stratégie trotskiste de l’entrisme (j’étais plutôt maoïste…) qui a été une illusion tragiquement conclue par un coup de piolet.

Comme nous n’avons aucun moyen d’action réelle, ou d’intervention, sur les vecteurs dominants de l’image qui sont contrôlés par des puissances financières de plus en plus énormes et concentrées, j’ai le sentiment que nous sommes condamnés à rester minoritaires.

Peut-être devons-nous l’accepter, continuer à résister et, plus important que tout, continuer à revendiquer la formation, l’enseignement à la lecture et à la connaissance de l’image. Pour qu’il y ait moins d’analphabètes visuels.

La glòria de l’intent

Jo no vull tant intentar contestar les preguntes que es fa, i ens fa, el Christian, com comentar-ne el to. Em preocupa trobar-lo reticent, desanimat, pessimista… Ens coneixem des de fa molt de temps: si no recordo malament des que el 1978 va venir a Barcelona a presentar l’exposició de Bernard Faucon a la galeria Fotomania. Durant trenta anys, doncs, el que fa i el que diu ha estat sempre molt encertat. Per tant em temo que no és que sigui un pessimista sinó més aviat un realista ben informat. Però jo en canvi vull creure que encara ens queden opcions. Potser sóc ingenu però milito en l’optimisme possibilista. No defenso, és clar, l’acció terrorista però potser sí la tàctica de guerrilla que proposa el Radu, o si més no, de franctirador. Un franctirador, Christian, no guanya un combat, d’acord, però el seu esforç és útil per visualitzar una resistència i per fer un mal simbòlic a l’enemic. I si abandonem l’enutjós terreny militar i parlem de medicina, el treball de l’artista pot funcionar com una vacuna: inocula en un organisme uns virus afeblits per activar la producció d’anticossos. La vacuna pot funcionar o no, i si funciona, pot trigar a produir efectes palpables. Al menys, tal com Sancho Panza va dir en un moment donat al Quijote, “Que no nos quiten la gloria del intento”. [Per cert, que tinc aquesta cita al cap perquè ha estat triada per Mariona Fernández, directora de SCAN, per justificar la convocatòria d’aquesta nova manifestació.]

En fi, hi ha imatges que transformen vides; altres fins i tot modifiquen histories. Si no fos així, per què la censura militar i dels governs al lliure treball dels fotoperiodistes? La fotografia sempre s’ha qüestionat a sí mateixa sobre la seva capacitat d’incidir en la realitat. Recordo una cita de Bertolt Brecht que deia que la fotografia podia mostrar-nos la façana de les factories Krupp però no ens deia res de les condicions d’explotació que allà dintre s’hi produïen. Interpretació: la fotografia no entra en el discurs de les coses importants. Però mentrestant, Heartfield i Renau agitaven l’esperit de les masses amb els seus fotomuntatges, i grups com l’Arbeiter Fotografie a Alemanya i la Photo League als Estats Units posaven la fotografia documental al servei de la lluita obrera. Aquestes i d’altres iniciatives no han acabat amb les injustícies del capitalisme, no sé si han contribuït a fer un món millor (que se’m disculpi la cursilada!) però representen accions des de la fotografia que no són estèrils.

I bé, en efecte, la situació ha canviat radicalment i acabem demanant-nos: què cal fer ara? Jo tinc confiança en dues coses. Per una banda, en la creativitat i en la tenacitat dels fotògrafs. Per dures que siguin les condicions, sempre sorgirà enginy per trobar respostes. I per altra banda, en el paper d’Internet i de les noves tecnologies que permeten la comunicació interpersonal descentralitzada. Per restrictiu que sigui el control exercit pel sistema, sempre hi haurà vies per escapar-se’n i bastir alternatives.



Una producció de KRTU, dins del marc SCAN 2008